Nelly Sachs : La poésie comme refuge et mémoire
Née dans une famille juive allemande en 1891, Nelly Sachs fuit les persécutions nazies en 1940 pour s’installer en Suède où elle passera le reste de sa vie. C’est là que son œuvre poétique prend son essor, en réaction aux deuils et aux souffrances de la Shoah. Elle reçoit le prix Nobel en 1966 et meurt en 1970. Nelly Sachs a écrit son œuvre en allemand, sa langue maternelle. Également traductrice, elle a fait paraître des anthologies de poésie suédoise en allemand. Maurice Nadeau fut le premier à la publier en France, aux Lettres nouvelles, en 1967, dans une traduction de Lionel Richard. L’ensemble de son œuvre écrite après 1943 est regroupé en trois volumes traduits par Mireille Gansel chez Verdier..
Julia Tardy-Marcus : Une vie d'engagement pour la poésie
Née en 1905, Julia Tardy devient danseuse à l'Opéra de Berlin avant de devoir quitter l'Allemagne en 1933, en raison de ses ascendances juives, de son appartenance au parti communiste allemand et d’un spectacle où elle avait ridiculisé Hitler. Installée en France, où elle fréquente de nombreux artistes, dont Robert Desnos, elle devient critique et traductrice. En 1988, elle crée un prix de traduction réservé aux traducteurs de poésie ; elle lui donne le nom d’une poétesse qu’elle admire et dont elle se sent proche.
Jusqu’à sa mort en 2002, elle ne manquera pas une seule remise du Prix.
Le prix Nelly-Sachs : Perpétuer le chant de la traduction
Le jury initial de 1988 se compose de Laure Bataillon, Claude Esteban, François Xavier Jaujard, Claire Malroux, Philippe Mikriammos, Anne Minkowski (présidente), Roger Munier, Lionel Richard et Céline Zins, Maurice Nadeau étant président d'honneur. Ces jurés, ainsi que ceux qui suivront, sont tous traducteurs de poésie. Par delà les goûts et la sensibilité propres de chacun, tous reconnaissent la nécessité de concilier, selon les termes de François Xavier Jaujard, « l’exigence de la fidélité et l’exigence d’un poème français ». Leur devise commune pourrait être, pour citer Pierre Jean Jouve : « Il faut à travers tout maintenir le chant. » Après la disparition de Julia Tardy-Marcus, première donatrice et mécène permanente, le Prix Nelly-Sachs connaît des années difficiles. Il entre en sommeil de 2007 à 2009, avant de renaître grâce à la générosité de deux traducteurs : Bernard Banoun pour 2010 et José Kany-Turpin, ancienne lauréate, pour les années suivantes. Il devient prix associé des Grands prix littéraires de Strasbourg, et tout particulièrement du Prix européen de littérature et de la Bourse de traduction qui l’accompagne. Suite au décès des uns et au départ des autres, le jury s’est largement renouvelé au cours des ans.
Sont actuellement jurés : Laurence Breysse-Chanet, Laurent Cassagnau, Michèle Finck, Patrick Hersant, Jean-Baptiste Para, Patrick Quillier, Michel Volkovitch (président).
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